LA SITUACION DE LOS ENFERMOS DE OLIVA
La Voz del Interior, Septiembre de 1998

Señor Director
Radicado en Francia desde hace nueve años, ejerzo como psiquiatra en los hospitales públicos de la región de París. Desde hace ya varias semanas seguimos con gran inquietud, gracias a Intervoz, la situacion de los hospitales públicos en Córdoba. Pero es verdaderamente con consternación que recibimos la noticia del aumento de muertes en el hospital de Oliva, meses después de aquella surrealista, de la disminución del 90% del presupuesto del Hospital Neuropsiquiátrico en cuatro años. Resulta verdaderamente increíble el esfuerzo de retórica de ciertos funcionarios para dejar de lado el impacto que una reducción de la ración alimenticia de dichos pacientes pueda tener sobre su estado general. Qué lógica obscura preside el hecho que algunos ganen dinero con la concesión de la alimentación de Oliva, mientras que los supuestos beneficiarios del "servicio" mueren de inanición? Más allá del "auri sacra fames", algún goce secreto similar al de los nazis que en Francia impusieron una política de exterminación de los enfermos mentales por el hambre, sin duda. Qué contraste con la actitud del Doctor Manzanares de la Maternidad, quién paga con humillaciones el hecho de adoptar la única postura acorde al sentido de nuestra profesión.

Pero más que nada, aquellas reflexiones de Primo Levi, me motivan en el momento de escribirle. Primo Levi sostenía que el horror nazi no sólo fué posible debido a la existencia de algunos monstruos.Monstruos siempre ha de haber, decía él. Pero sobre todo se decía impresionado por el hecho de los cientos de miles de personas "normales", como todo el mundo, que por indiferencia, por hábito, por negligencia, asistieron, en los dos sentidos de la palabra y volvieron posible el nazismo. 
Cómo permancer indiferentes mientras que insidiosamente lo más elemental del humanismo, una cierta visión de una sociedad al servicio del hombre, desaparece progresivamente, para traer como símbolos de dicha degradación, imágenes de un triste pasado que aún permanece vivo aquí en Europa? 

Agradeciéndole la posibilidad que nos es brindada de mantenernos al corriente a través de vuestro diario, del destino de los nuestros, saludo a Ud. muy atentamente.

Dr. Eduardo T. Mahieu
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LA SITUATION DE LA PSYCHIATRIE EN ARGENTINE: VERS UN TOTALITARISME NEOLIBERAL?

Publicado en el Courrier des Lecteurs de L'Information Psychiatrique, N° 9, Novembre 1998.

Voici presque dix ans que l'Information Psychiatrique publiait un numéro consacré à la situation de la psychiatrie en Argentine, dans un pays qui sortait d'une décade de violence, dictature militaire et crise économique. Aujourd'hui ce pays, connu par l'excellence de ses footballeurs et ses psychanalystes, est considéré comme faisant partie des "pays émergeants" ou " nouveaux pays industrialisés", par les plus hautes sphères de l'économie mondiale (F.M.I., Banque Mondiale, O.M.C., etc.), est présenté comme un "modèle" à ses voisins du Mercosur, et peut afficher quinze ans de stabilité démocratique. C'est alors qu'étant très touché par l'intervention de Sémion Glouzman aux dernières journées de l'Information Psychiatrique à Strasbourg, il m'est apparu essentiel de porter à votre connaissance la situation actuelle de la psychiatrie dans mon pays, en particulier dans la Province de Córdoba, deuxième pôle industriel et éducatif du pays, et qui jouissait jusqu'à il y a très peu de temps, de la réputation d'être une "île" au sein de la situation économique difficile du reste du pays.

Et ceci pour plusieurs raisons: l'Argentine n'a pas un passé de régime communiste, la psychiatrie n'a jamais eu un rôle institutionnel de répression pendant la dictature militaire (malgré quelques imprudences écrites ici ou là), elle ne dispose pas de système classificatoire psychiatrique propre ni rattaché à aucune idéologie particulière, mais partage avec la communauté internationale les classifications d'usage (D.S.M., I.C.D., etc.), et ses professionnels font partie des plus hautes organisations internationales de la psychiatrie ou de la psychanalyse (lacanienne ou autres). Et pourtant… les similitudes avec la situation ukrainienne sont frappantes.

D'après le journal local "La Voz del Interior" (29.12.97, 30.1297), le budget du seul hôpital psychiatrique public de la ville (75 lits pour 1.200.000 ha.), el Hospital Neuropsiquiátrico Provincial, institution centenaire, s'est réduit de 90% dans les dernières quatre années, ce qui a entraîné: la fermeture des équipes d'intervention communautaire; la réduction drastique du personnel a provoqué la réduction de plus de 80% de l'activité des ateliers protégés; le Centre d'Attention au Jeune a perdu plus de 60% de ses professionnels; il existe une absence totale de médicaments tels que les neuroleptiques retard, anticonvulsivants, etc.; l'absence de tous travaux de maintenance a provoqué une très rapide détérioration des infrastructures (déjà vétustes) à un point tel que le bâtiment, très cyniquement, a été déclaré "irrécupérable" par le Secrétariat de Santé Mentale de la Province. Autre conséquence de la réduction du budget est la suppression des postes rémunérés d'interne (les seuls par ailleurs du système public de la province en psychiatrie). D'autre part ce manque de personnel se traduit par un enfermement prolongé des malades dangereux, dont certains seraient attachés pendant la nuit.

La situation de la psychiatrie n'est pas une exception dans le paysage de la santé publique de la province, mais elle est le secteur le plus durement frappé. Mais, dans le cas où le tableau ne serait pas assez noir, l'hypertrophie logique du système privé par le biais de "mutuelles" (on assiste à de très importants investissements de capitaux américains dans le pays dans le domaine de la santé), qui par ailleurs se substitue à la formation des internes d'une façon parallèle, n'absorbe pas le déficit de soin proposé. Au contraire: l'élevé taux de chômage, la détérioration constante de la qualité de vie, l'augmentation de la violence urbaine, la misère qui s'installe et qui touche des secteurs de plus en plus larges d'une population dite de "classe moyenne" (on est arrivé jusqu'au point de voir des graffitis dans les murs des petites maisons des bidonvilles qui très aimablement clamaient "bienvenue à la classe moyenne!"), a provoqué une augmentation de la demande de soins dans les hôpitaux publics de la province qui est estimée (de façon non officielle, bien entendu, car la plupart des collègues qui contactent la presse le faisaient de façon anonyme par crainte des représailles; actuellement un long conflit autour de la situation du secteur est entamé entre les professionnels de santé et les autorités locales) à près de 30 à 40%.

Mais le plus grave est peut être "l'épidémie" de décès survenue pendant l'hiver septentrional (La Voz del Interior, 10.09.98) dans le grand asile situé à une centaine de kilomètres de la ville de Córdoba, le "Complejo Asistencial Oliva" (ex colonia Vidal Abal) connue comme "Oliva" du nom de la ville qui s'est formé autour de cet immense centre crée au début du siècle pour l'accueil des malades psychiatriques, très proche de la ville natale de Héctor Bianciotti, l'écrivain immortel, et qui dans ses années fastes comptait jusqu'à 3.000 malades (aujourd'hui 600): le système de restauration des malades récemment privatisé, a entraîné une réduction de la ration calorique de 3.200 à 2.800k/cal/j, mais surtout le compliqué système de distribution qui n'est pas du tout adapté aux patients (les repas sont servis par des employés de l'entreprise prestataire et pas par des soignants) a provoqué dans une population témoin (cette fois-ci officielle) une diminution de poids de 4kg en moyenne. La moyenne de décès annuelle dans l'établissement est de 20/an et le seul mois d'août de cette année a vu mourir 12 de ses patients, dans l'indifférence des fonctionnaires qui expliquent cette augmentation par le "vieillissement" de la population asilaire. Nous voyons que l'Ukraine post-totalitaire du Dr Glouzman est très proche…

Puisse ce rappel de la réalité psychiatrique de l'Argentine donner à réfléchir à nos amis ukrainiens (et pourquoi pas français?) du nouveau danger qui nous guète (qui pourrait être catalogué de totalitarisme libéral?) pour changer le sort de ceux qui se confient à nous pour leurs soins.

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EL PREMIO NOBEL DE MEDECINS SANS FRONTIERES: UN NOBEL POLITICO
La Voz del Interior, 20 de Octubre de 1999.

Ocurre a menudo que la atribución del premio Nóbel nos sorprenda. Lo que ocurre con mucha menos frecuencia es que la sorpresa sea una alegría. Podemos decir que es el caso de la atribución del Premio Nóbel de la Paz a la organización no gubernamental « Médecins sans Frontières », organización cuyo origen y su sede principal se encuentran en Francia, pero cuya actividad es planetaria.
Y no es que la alegría sea debida al gris de los otros pretendientes, sino que se trata de una verdadera lección de humanidad y de mensaje ético. Esta organización nacida de la acción conjunta de un grupo de médicos franceses y de periodistas de una publicación médica (el diario Tonus) desarrolla sus actividades desde 1968 con el desastre de Biafra, hasta el actual drama de los países balcánicos, inventando, de algún modo, el concepto moderno de acción humanitaria.
Etiopía, Somalía, el Líbano, Bangladesh, Viet-Nam, Sudán, Bosnia, ect., con la participación de innumerables benévolos, la acción sanitaria fue llevada adelante en contextos de guerra y de genocidio, catástrofes naturales o hambrunas,  muchos de sus miembros pagaron con sus vidas su compromiso. La asociación funda su ayuda sobre tres ejes principales: reclutar voluntarios en las poblaciones víctimas, brindar salud de la mejor calidad posible y mantener una independencia de espíritus y medios (de acuerdo a sus propias fuentes, en 1998 el presupuesto de Médecins Sans Frontières asciende a 433 millones de francos (75 millones de USA), de los cuales el 77% provienen de donaciones privadas). En el contexto actual de contractualización creciente de la relación médico-paciente, Médecins Sans Frontières nos recuerda en la práctica el contrato esencial que desde el juramento hipocrático constituye la acción específicamente humana del acto médico y la primera responsabilidad del médico: curar, a veces, aliviar a menudo, consolar siempre, según los consejos de Esculapio a su hijo médico.
Al viejo precepto de una medicina integral, hipocrática, cuyo deber es ser « bio-psico-social », Médecins Sans Frontières le agrega un elemento esencial: la medicina se debe de ser « histórica ». Pero esta lección ética no sólo se dirige a los médicos. Todos debemos sentirnos concernidos. El Comité de Oslo indicó que recompensaba el principio fundador de la organización según el cual « todas las víctimas de desastre de origen humano o natural tienen derecho a una asistencia profesional, brindada lo más rapido y eficazmente posible [...] Las fronteras nacionales y las circunstancias o afinidades políticas no deben tener ninguna influencia sobre la cuestión de saber quién debe recibir la ayuda humanitaria ». Ingenuidad o apología del a-politismo? De ningún modo. Médecins Sans Frontières nos rememora el sentido antiguo de la palabra política, aquél por el cual Aristóteles definió al hombre como un « animal político » (zoon politikon), es decir que toda acción humana se desarrolla en la polis, y que en definitiva toda acción humana es una acción política, y de la cual somos responsables.

 

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